Les hypothèses de l'Orientation Solutions

''l'Approche Centrée sur la Solution'' : prémisses & postulats de Steve de Shazer
LES PREMISSES
1/ Si ce n’est pas cassé, ne réparez pas
Si quelque chose n’est pas un problème pour un client et si, de ce fait même, il ne s’en plaint pas, alors – que le thérapeute ou la société voie dans cette chose un problème évident – cela n’est pas l’affaire du thérapeute.
2/ Une fois que vous savez ce qui marche, faites-le plus
Il y a des périodes où les choses en général vont bien, étant donné les conditions de vie du client. Ce que le client fait au cours de ces périodes exceptionnelles est précisément ce qu’il a besoin de faire davantage : autrement dit, il doit continuer à faire ce qui marche.
Si ce que l’on a fait dans la séance précédente était efficace de l’avis du client, alors il faut le faire de nouveau.
3/ Si ça ne marche pas, ne recommencez pas : faites autre chose
Les problèmes ont manifestement des propriétés qui font qu’ils s’entretiennent eux-mêmes.
Si l’on arrive à aucun progrès en quelques séances, cela indique à notre avis que le thérapeute fait désormais lui aussi partie de la situation qui pose problème et qu’il doit aussi faire autre chose. Des études ont montré que si 5 à 8 séances n’ont mené à aucun résultat, il est peu probable qu’il y en ait jamais.
LES POSTULATS
1er postulat
Parmi les plaintes des clients, il y a des comportements qui sont induits par l'image qu'ils se font du monde.
Le point de départ d'une plainte semble relativement modeste, même si les conséquences peuvent, elles, être plutôt disproportionnées. C'est un peu comme si les gens disaient : Soit je me comporte d'une manière ‘A' soit d'une manière ‘non-A'. Pour une raison quelconque, ou pour un ensemble de raisons, ‘A' semble être le bon choix (le plus logique, le meilleur, ou le seul possible) par conséquent, tout le reste (non-A) se trouve dans la même catégorie, et donc exclue.
2ème postulat
Ce qui fait que les plaintes des clients perdurent, c'est leur idée que ce qu'ils ont décidé de faire par rapport à la difficulté de départ était logiquement la seule chose à faire. A partir de là, les clients se comportent comme s'ils étaient contraints de faire plus de la même chose, cela à cause de l'autre partie de la proposition soit/soit qui a été rejetée ou interdite.
3ème postulat
Des changements minimaux sont nécessaires pour mettre en route le processus de résolution des plaintes et, une fois que le changement a commencé (ce qui constitue la tâche du thérapeute), d'autres changements créés par le client surviendront par effet boule de neige.
On peut ici proposer une règle simple : les clients utilisent souvent l'alternative Soit/Soit pour exposer leur plainte et, lorsque c'est le cas, il peut s'avérer utile pour le thérapeute de construire le problème en termes de A la fois/et.
4ème postulat
L'idée de ce qu'il faut changer se forme à partir de l'idée que se fait le client de ce que serait la réalité si la plainte en question n'existait pas. Au-delà de la situation spécifique, le thérapeute doit connaître la ou les significations que le client donne à ses difficultés. On peut fréquemment découvrir celle-ci en lui demandant comment il imagine la situation une fois le problème résolu.
5ème postulat
On peut se contenter de suggérer de nouvelles façons de voir. Et, un nouveau comportement s'appuyant sur n'importe quelle redéfinition du problème peut permettre au client de trouver une solution.
Une des tâches minimales (quoique ni simple, ni facile) que doit accomplir le thérapeute au cours de la 1ère séance, et peut-être aussi au cours des séances suivantes, est d'induire un doute dans l'esprit du client en ce qui concerne les points de vue qu'il adopte et les comportements qui en résultent.
6ème postulat
En thérapie brève, on veille à accorder une attention toute particulière au concept systémique de globalité (holisme) : un changement survenant au niveau d'un élément d'un système ou au niveau d'une des relations entre différents éléments de ce système, affectera les autres éléments et les relations qui, ensemble, forment le système.
''la Thérapie du Possible'' : Les Hypothèses de Bill O'Hanlon
Les clients ont des ressources et des points forts pour résoudre les problèmes
Souvent les clients, submergés par les difficultés de leur vie, perdent de vue leurs capacités à résoudre les problèmes. Ils peuvent simplement avoir besoin qu'on leur remette en mémoire des outils qu'ils possèdent déjà pour développer des solutions durables et satisfaisantes.
Le changement est permanent
Si vous supposez que le changement est permanent, vous vous comporterez comme si le changement était inévitable. De manière verbale ou non-verbale, vous communiquerez aux clients l'impression qu'il serait étonnant que leur problème puisse persister.
Les physiciens pensent que tout est fluctuation, les biologistes que nous créons sans cesse de nouvelles cellules dans notre corps. Pour nous, l'univers est un monde de changement. Les situations des gens changent en permanence, et c'est le regard qu'ils portent sur les situations qui reste le même quand ils signalent que rien n'a changé.
Le rôle du counselor est de repérer et d'amplifier le changement
"En tant que thérapeutes, nous avons un devoir. D'abord, celui d'être clair avec nous-mêmes; et ensuite de rechercher chez les autres tout signe de clarté et de leur en donner acte, et de les renforcer dans tout ce qui est équilibré chez eux." (G. Bateson 1972)
Il n'est pas indispensable d'en savoir beaucoup sur le problème pour le résoudre
Rassembler une information complète sur l'historique ne semble pas indispensable. On peut se contenter d'un minimum d'informations. Trop d'informations tue l'information.
On peut être bloqué car on a trop d'informations sur le problème et pas assez sur la solution.
Les thérapeutes orientés solutions attachent plus d'importance à ce que les clients font déjà et qui s'avère efficace, qu'au recueil détaillé des informations sur le problème.
Il y a beaucoup à apprendre des exceptions, de ces moments où le problème qui amène les clients n'est pas gênant. On doit identifier tous les éléments qui singularisent ces moments d'exception, et apprendre au client à reproduire, encore et encore, ce qui marche déjà, de manière à se débarrasser du problème.
Il n'est pas utile de connaître la cause ou la fonction d'un problème pour le résoudre
Nous n'acceptons pas la croyance selon laquelle les symptômes (ce que nous appelons les problèmes) servent des fonctions, que ce soit pour les individus, pour les relations interpersonnelles ou pour les familles.
"La pratique n'a jamais montré que l'élimination de symptômes mène inévitablement à une rupture au sein de la famille ou de nouveaux symptômes chez d'autres membres de la famille. La réaction la plus courante des familles à l'amélioration de ses membres est un soulagement...
Par contre, un thérapeute qui croit que les symptômes servent des fonctions peut réellement encourager la rupture de la famille...
Le problème le plus sérieux avec la notion de fonction des symptômes, est qu'elle peut devenir une prophétie anti-thérapeutique et auto-validante" (James Coyne, 1985)
Un petit changement est la seule chose qui soit nécessaire
Un changement dans une partie du système peut entraîner des changements dans une autre partie du système. Dès qu'un petit changement positif est obtenu, les gens se sentent un peu plus optimistes, un peu plus confiants pour s'attaquer à d'autres changements.
Les clients définissent les objectifs
Nous ne croyons pas qu'il y ait une unique manière "juste" ou "valable" de vivre sa vie. Nous en sommes venus à accepter que ce qui pouvait être un comportement intolérable pour une famille donnée ou pour une personne en particulier, était un comportement tout à fait convenable dans un autre contexte.
C'est donc au client de fixer les objectifs du traitement.
Nous ne croyons pas qu'un "vrai problème" soit à l'origine des plaintes de nos clients, pas plus que nous ne croyons que les thérapeutes soient mieux placés pour décider de la façon dont les clients devraient vivre leur vie. Nous demandons donc à ceux qui viennent nous consulter d'établir eux-mêmes les objectifs du traitement.
On peut obtenir des changements rapides ou résoudre rapidement des problèmes
Nous pensons qu'à la suite de notre interaction au cours de la première séance, nos clients acquièrent une vue nouvelle de leur situation, plus productive, plus optimiste.
La moyenne des traitements est en dessous de 10 séances, plutôt entre 4 et 5.
Il n'y a pas de façon juste de voir les choses
Différents points de vue peuvent être tout aussi valables et s'adapter aussi bien aux faits. Nous ne croyons pas qu'il y ait un point de vue plus correct que les autres, par contre nous croyons qu'il existe des points de vue plus ou moins utiles. C'est-à-dire que l'opinion des gens vis-à-vis de leurs problèmes augmente ou diminue les chances de voir émerger des solutions. Les points de vue qui bloquent le client sont tout simplement inutiles.
L'intérêt est centré sur ce qui est réalisable et qui peut être changé plutôt que sur ce qui est inaccessible et qui ne peut être changé.
Nous travaillons sur des objectifs bien définis et réalisables dans un délai raisonnable.
''la Thérapie Collaborative basée sur les Compétences'' : 'Le Cadre de Référence' de Bob Bertolino
Les clients comme agents de changement
Le client est la seule personne vraiment importante dans la contribution au résultat thérapeutique.
Les gens ont des capacités, des forces et des ressources qui peuvent aider à trouver des solutions aux problèmes et à résoudre des conflits. Nous ne suggérons pas qu’ils ont toutes les compétences dont ils auront jamais besoin. Il ne s’agit pas de la « théorie de la perle cachée », qui tient le client pour détenteur d’inépuisables réservoirs de réponses à tous les problèmes de la vie.
Nous considérons que les gens sont dans un processus d’apprentissage et également en possession de compétences (ressources internes et externes qui ont été utiles par le passé, dans des contextes similaires ou différents en relation avec les préoccupations du moment, et qui peuvent être utilisées dans le présent et dans l’avenir). Les compétences internes comprennent les forces et les capacités individuelles alors que les ressources externes sont liées à la famille, les amis, la communauté, la religion, l’entreprise et tout autre potentiel relationnel. Voir les clients comme agents de changement signifie reconnaître et valider les épreuves auxquelles ils font face tout en se concentrant, simultanément, sur les possibilités de changement qui existent.
Honorer la relation et l’alliance thérapeutiques
La relation thérapeutique est le traitement.
Les évaluations de la relation faites par le client sont la manière la plus cohérente de prévoir une amélioration. La solidité du lien thérapeutique n’est pas fortement corrélée à la longueur du traitement . Il peut se produire un lien instantané entre un client et un praticien. Le temps nécessaire pour que les gens se sentent à l’aise dans les relations est variable et dépend fortement de leurs perceptions.
L’alliance thérapeutique est un terme générique qui met l’accent sur une collaboration entre les clients et les praticiens. Les clients sont consultés au sujet de leurs préférences, de leurs objectifs et des méthodes pour atteindre ces objectifs. Un résultat négatif découle souvent du fait de laisser les clients à l’écart de processus thérapeutique.
Solliciter les théories des clients
Ce ne sont pas les théories qui pilotent le counseling, mais les clients.
Ce sont eux les ingénieurs du changement. Il est important d’inviter les clients évoquer leurs idées à propos de ce qui, d’après eux, influe sur leurs difficultés et pourrait éventuellement devenir des ressources pour un futur changement. Bien que la famille, les relations sociales, la génétique, la connaissance, la culture, la société, le genre, la religion/spiritualité, l’économie, etc. puissent influer sur les « problèmes », ce qui est le plus important, c’est comment les clients comprennent leurs soucis.
Les thérapeutes devront s’attacher à prendre en compte les théories des clients et utiliser des pratiques en cohérence avec la manière dont les clients voient le monde. Ils engagent des conversations concernant la manière dont les clients pensent que leurs problèmes se sont développés, ce qui a été tenté pour les résoudre et à quel point ces efforts ont été efficaces ou non, ce qu’ils ont pris en considération mais n’ont pas essayé, et ce qu’ils pourraient envisager dans l’avenir pour réaliser le changement qu’ils désirent.
Une orientation vers le changement
Les recherches indiquent que la durée moyenne de traitement est de 6 à 10 séances.
En outre, Miller et al. ont écrit que « toutes les études méta-analytiques du changement, menées sur une large échelle, indiquent que les améliorations les plus fréquentes surviennent en début de traitement » (p. 194). Les études ont montré que la plupart des effets positifs majeurs ont lieu durant les 6 à 8 premières séances, puis l’impact continue mais diminue pendant les 10 séances suivantes.
Les praticiens vont rechercher des ouvertures riches de possibilités, de solutions et de changements. Ce n’est pas le nombre de séances qui est le plus important mais la collaboration avec les clients afin de définir où ils veulent aller et quand leurs objectifs seront atteints
Les objectifs, sens, buts et résultats
Un des meilleurs indicateurs prévisionnels de résultat négatif est l’absence de structure en counseling.
Ceci ne signifie pas que le counseling suive une grille. La structure permet de construire une direction de travail à partir de la compréhension des inquiétudes des clients, du changement qu’ils aimeraient obtenir et de comment ils sauront qu’ils y sont arrivés. Certains clients vont rejeter le mot « objectif » et vont entrer en résonance avec la recherche de « sens » ou avec un « but ».
Il est important de s’adapter au langage des clients et de travailler avec leur vision du monde. Il revient aux praticiens de clarifier avec les clients ce qu’ils mettent derrière leurs mots de manière à pouvoir se diriger vers des résultats réalistes et réalisables.
Moyens et méthodes utilisés
L’efficacité des méthodes et des techniques dépend fortement de leur adéquation avec les idées que les clients se font de leurs problèmes et des moyens et/ou méthodes nécessaires pour les résoudre. Les moyens, méthodes et techniques utilisés devront venir des interactions entre le client et le praticien. Si les counselors ont des idées de méthodes qui pourraient faciliter le changement, ils devraient les proposer aux clients, pas les imposer. C’est-à-dire que les clients décident ce qui fait vraiment sens pour eux et sont plus enclins à devenir acteurs de leur vie lorsque les moyens et les méthodes correspondent à leurs théories personnelles.
D'après Bob Bertolino

''l'Approche Centrée sur la Solution'' : prémisses & postulats de Steve de Shazer
LES PREMISSES
1/ Si ce n’est pas cassé, ne réparez pasSi quelque chose n’est pas un problème pour un client et si, de ce fait même, il ne s’en plaint pas, alors – que le thérapeute ou la société voie dans cette chose un problème évident – cela n’est pas l’affaire du thérapeute.
2/ Une fois que vous savez ce qui marche, faites-le plus
Il y a des périodes où les choses en général vont bien, étant donné les conditions de vie du client. Ce que le client fait au cours de ces périodes exceptionnelles est précisément ce qu’il a besoin de faire davantage : autrement dit, il doit continuer à faire ce qui marche.
Si ce que l’on a fait dans la séance précédente était efficace de l’avis du client, alors il faut le faire de nouveau.
3/ Si ça ne marche pas, ne recommencez pas : faites autre chose
Les problèmes ont manifestement des propriétés qui font qu’ils s’entretiennent eux-mêmes.
Si l’on arrive à aucun progrès en quelques séances, cela indique à notre avis que le thérapeute fait désormais lui aussi partie de la situation qui pose problème et qu’il doit aussi faire autre chose. Des études ont montré que si 5 à 8 séances n’ont mené à aucun résultat, il est peu probable qu’il y en ait jamais.
LES POSTULATS
1er postulatParmi les plaintes des clients, il y a des comportements qui sont induits par l'image qu'ils se font du monde.
Le point de départ d'une plainte semble relativement modeste, même si les conséquences peuvent, elles, être plutôt disproportionnées. C'est un peu comme si les gens disaient : Soit je me comporte d'une manière ‘A' soit d'une manière ‘non-A'. Pour une raison quelconque, ou pour un ensemble de raisons, ‘A' semble être le bon choix (le plus logique, le meilleur, ou le seul possible) par conséquent, tout le reste (non-A) se trouve dans la même catégorie, et donc exclue.
2ème postulat
Ce qui fait que les plaintes des clients perdurent, c'est leur idée que ce qu'ils ont décidé de faire par rapport à la difficulté de départ était logiquement la seule chose à faire. A partir de là, les clients se comportent comme s'ils étaient contraints de faire plus de la même chose, cela à cause de l'autre partie de la proposition soit/soit qui a été rejetée ou interdite.
3ème postulat
Des changements minimaux sont nécessaires pour mettre en route le processus de résolution des plaintes et, une fois que le changement a commencé (ce qui constitue la tâche du thérapeute), d'autres changements créés par le client surviendront par effet boule de neige.
On peut ici proposer une règle simple : les clients utilisent souvent l'alternative Soit/Soit pour exposer leur plainte et, lorsque c'est le cas, il peut s'avérer utile pour le thérapeute de construire le problème en termes de A la fois/et.
4ème postulat
L'idée de ce qu'il faut changer se forme à partir de l'idée que se fait le client de ce que serait la réalité si la plainte en question n'existait pas. Au-delà de la situation spécifique, le thérapeute doit connaître la ou les significations que le client donne à ses difficultés. On peut fréquemment découvrir celle-ci en lui demandant comment il imagine la situation une fois le problème résolu.
5ème postulat
On peut se contenter de suggérer de nouvelles façons de voir. Et, un nouveau comportement s'appuyant sur n'importe quelle redéfinition du problème peut permettre au client de trouver une solution.
Une des tâches minimales (quoique ni simple, ni facile) que doit accomplir le thérapeute au cours de la 1ère séance, et peut-être aussi au cours des séances suivantes, est d'induire un doute dans l'esprit du client en ce qui concerne les points de vue qu'il adopte et les comportements qui en résultent.
6ème postulat
En thérapie brève, on veille à accorder une attention toute particulière au concept systémique de globalité (holisme) : un changement survenant au niveau d'un élément d'un système ou au niveau d'une des relations entre différents éléments de ce système, affectera les autres éléments et les relations qui, ensemble, forment le système.
''la Thérapie du Possible'' : Les Hypothèses de Bill O'Hanlon
Les clients ont des ressources et des points forts pour résoudre les problèmesSouvent les clients, submergés par les difficultés de leur vie, perdent de vue leurs capacités à résoudre les problèmes. Ils peuvent simplement avoir besoin qu'on leur remette en mémoire des outils qu'ils possèdent déjà pour développer des solutions durables et satisfaisantes.
Le changement est permanent
Si vous supposez que le changement est permanent, vous vous comporterez comme si le changement était inévitable. De manière verbale ou non-verbale, vous communiquerez aux clients l'impression qu'il serait étonnant que leur problème puisse persister.
Les physiciens pensent que tout est fluctuation, les biologistes que nous créons sans cesse de nouvelles cellules dans notre corps. Pour nous, l'univers est un monde de changement. Les situations des gens changent en permanence, et c'est le regard qu'ils portent sur les situations qui reste le même quand ils signalent que rien n'a changé.
Le rôle du counselor est de repérer et d'amplifier le changement
"En tant que thérapeutes, nous avons un devoir. D'abord, celui d'être clair avec nous-mêmes; et ensuite de rechercher chez les autres tout signe de clarté et de leur en donner acte, et de les renforcer dans tout ce qui est équilibré chez eux." (G. Bateson 1972)
Il n'est pas indispensable d'en savoir beaucoup sur le problème pour le résoudre
Rassembler une information complète sur l'historique ne semble pas indispensable. On peut se contenter d'un minimum d'informations. Trop d'informations tue l'information.
On peut être bloqué car on a trop d'informations sur le problème et pas assez sur la solution.
Les thérapeutes orientés solutions attachent plus d'importance à ce que les clients font déjà et qui s'avère efficace, qu'au recueil détaillé des informations sur le problème.
Il y a beaucoup à apprendre des exceptions, de ces moments où le problème qui amène les clients n'est pas gênant. On doit identifier tous les éléments qui singularisent ces moments d'exception, et apprendre au client à reproduire, encore et encore, ce qui marche déjà, de manière à se débarrasser du problème.
Il n'est pas utile de connaître la cause ou la fonction d'un problème pour le résoudre
Nous n'acceptons pas la croyance selon laquelle les symptômes (ce que nous appelons les problèmes) servent des fonctions, que ce soit pour les individus, pour les relations interpersonnelles ou pour les familles.
"La pratique n'a jamais montré que l'élimination de symptômes mène inévitablement à une rupture au sein de la famille ou de nouveaux symptômes chez d'autres membres de la famille. La réaction la plus courante des familles à l'amélioration de ses membres est un soulagement...
Par contre, un thérapeute qui croit que les symptômes servent des fonctions peut réellement encourager la rupture de la famille...
Le problème le plus sérieux avec la notion de fonction des symptômes, est qu'elle peut devenir une prophétie anti-thérapeutique et auto-validante" (James Coyne, 1985)
Un petit changement est la seule chose qui soit nécessaire
Un changement dans une partie du système peut entraîner des changements dans une autre partie du système. Dès qu'un petit changement positif est obtenu, les gens se sentent un peu plus optimistes, un peu plus confiants pour s'attaquer à d'autres changements.
Les clients définissent les objectifs
Nous ne croyons pas qu'il y ait une unique manière "juste" ou "valable" de vivre sa vie. Nous en sommes venus à accepter que ce qui pouvait être un comportement intolérable pour une famille donnée ou pour une personne en particulier, était un comportement tout à fait convenable dans un autre contexte.
C'est donc au client de fixer les objectifs du traitement.
Nous ne croyons pas qu'un "vrai problème" soit à l'origine des plaintes de nos clients, pas plus que nous ne croyons que les thérapeutes soient mieux placés pour décider de la façon dont les clients devraient vivre leur vie. Nous demandons donc à ceux qui viennent nous consulter d'établir eux-mêmes les objectifs du traitement.
On peut obtenir des changements rapides ou résoudre rapidement des problèmes
Nous pensons qu'à la suite de notre interaction au cours de la première séance, nos clients acquièrent une vue nouvelle de leur situation, plus productive, plus optimiste.
La moyenne des traitements est en dessous de 10 séances, plutôt entre 4 et 5.
Il n'y a pas de façon juste de voir les choses
Différents points de vue peuvent être tout aussi valables et s'adapter aussi bien aux faits. Nous ne croyons pas qu'il y ait un point de vue plus correct que les autres, par contre nous croyons qu'il existe des points de vue plus ou moins utiles. C'est-à-dire que l'opinion des gens vis-à-vis de leurs problèmes augmente ou diminue les chances de voir émerger des solutions. Les points de vue qui bloquent le client sont tout simplement inutiles.
L'intérêt est centré sur ce qui est réalisable et qui peut être changé plutôt que sur ce qui est inaccessible et qui ne peut être changé.
Nous travaillons sur des objectifs bien définis et réalisables dans un délai raisonnable.
''la Thérapie Collaborative basée sur les Compétences'' : 'Le Cadre de Référence' de Bob Bertolino
Les clients comme agents de changementLe client est la seule personne vraiment importante dans la contribution au résultat thérapeutique.
Les gens ont des capacités, des forces et des ressources qui peuvent aider à trouver des solutions aux problèmes et à résoudre des conflits. Nous ne suggérons pas qu’ils ont toutes les compétences dont ils auront jamais besoin. Il ne s’agit pas de la « théorie de la perle cachée », qui tient le client pour détenteur d’inépuisables réservoirs de réponses à tous les problèmes de la vie.
Nous considérons que les gens sont dans un processus d’apprentissage et également en possession de compétences (ressources internes et externes qui ont été utiles par le passé, dans des contextes similaires ou différents en relation avec les préoccupations du moment, et qui peuvent être utilisées dans le présent et dans l’avenir). Les compétences internes comprennent les forces et les capacités individuelles alors que les ressources externes sont liées à la famille, les amis, la communauté, la religion, l’entreprise et tout autre potentiel relationnel. Voir les clients comme agents de changement signifie reconnaître et valider les épreuves auxquelles ils font face tout en se concentrant, simultanément, sur les possibilités de changement qui existent.
Honorer la relation et l’alliance thérapeutiques
La relation thérapeutique est le traitement.
Les évaluations de la relation faites par le client sont la manière la plus cohérente de prévoir une amélioration. La solidité du lien thérapeutique n’est pas fortement corrélée à la longueur du traitement . Il peut se produire un lien instantané entre un client et un praticien. Le temps nécessaire pour que les gens se sentent à l’aise dans les relations est variable et dépend fortement de leurs perceptions.
L’alliance thérapeutique est un terme générique qui met l’accent sur une collaboration entre les clients et les praticiens. Les clients sont consultés au sujet de leurs préférences, de leurs objectifs et des méthodes pour atteindre ces objectifs. Un résultat négatif découle souvent du fait de laisser les clients à l’écart de processus thérapeutique.
Solliciter les théories des clients
Ce ne sont pas les théories qui pilotent le counseling, mais les clients.
Ce sont eux les ingénieurs du changement. Il est important d’inviter les clients évoquer leurs idées à propos de ce qui, d’après eux, influe sur leurs difficultés et pourrait éventuellement devenir des ressources pour un futur changement. Bien que la famille, les relations sociales, la génétique, la connaissance, la culture, la société, le genre, la religion/spiritualité, l’économie, etc. puissent influer sur les « problèmes », ce qui est le plus important, c’est comment les clients comprennent leurs soucis.
Les thérapeutes devront s’attacher à prendre en compte les théories des clients et utiliser des pratiques en cohérence avec la manière dont les clients voient le monde. Ils engagent des conversations concernant la manière dont les clients pensent que leurs problèmes se sont développés, ce qui a été tenté pour les résoudre et à quel point ces efforts ont été efficaces ou non, ce qu’ils ont pris en considération mais n’ont pas essayé, et ce qu’ils pourraient envisager dans l’avenir pour réaliser le changement qu’ils désirent.
Une orientation vers le changement
Les recherches indiquent que la durée moyenne de traitement est de 6 à 10 séances.
En outre, Miller et al. ont écrit que « toutes les études méta-analytiques du changement, menées sur une large échelle, indiquent que les améliorations les plus fréquentes surviennent en début de traitement » (p. 194). Les études ont montré que la plupart des effets positifs majeurs ont lieu durant les 6 à 8 premières séances, puis l’impact continue mais diminue pendant les 10 séances suivantes.
Les praticiens vont rechercher des ouvertures riches de possibilités, de solutions et de changements. Ce n’est pas le nombre de séances qui est le plus important mais la collaboration avec les clients afin de définir où ils veulent aller et quand leurs objectifs seront atteints
Les objectifs, sens, buts et résultats
Un des meilleurs indicateurs prévisionnels de résultat négatif est l’absence de structure en counseling.
Ceci ne signifie pas que le counseling suive une grille. La structure permet de construire une direction de travail à partir de la compréhension des inquiétudes des clients, du changement qu’ils aimeraient obtenir et de comment ils sauront qu’ils y sont arrivés. Certains clients vont rejeter le mot « objectif » et vont entrer en résonance avec la recherche de « sens » ou avec un « but ».
Il est important de s’adapter au langage des clients et de travailler avec leur vision du monde. Il revient aux praticiens de clarifier avec les clients ce qu’ils mettent derrière leurs mots de manière à pouvoir se diriger vers des résultats réalistes et réalisables.
Moyens et méthodes utilisés
L’efficacité des méthodes et des techniques dépend fortement de leur adéquation avec les idées que les clients se font de leurs problèmes et des moyens et/ou méthodes nécessaires pour les résoudre. Les moyens, méthodes et techniques utilisés devront venir des interactions entre le client et le praticien. Si les counselors ont des idées de méthodes qui pourraient faciliter le changement, ils devraient les proposer aux clients, pas les imposer. C’est-à-dire que les clients décident ce qui fait vraiment sens pour eux et sont plus enclins à devenir acteurs de leur vie lorsque les moyens et les méthodes correspondent à leurs théories personnelles.
D'après Bob Bertolino
